Comment faire pleurer une femme
Tellement de livres, d’articles, de posts sur comment faire jouir une femme si peu sur comment la faire pleurer. Faire pleurer de joie évidemment. Lui faire ressentir, ou plutôt l’accompagner dans l’exploration de ses ressentis, de son abandon à toutes les émotions.
Faire jouir est plus concret, plus abordable, plus technique. On parle de jouissance, on cherche à faire jouir. Jouir devient un leitmotiv de la sexualité moderne, sujet public de discussions, de podcasts, de vidéos et de posts.
Il y a quelques années, pour la première fois, j’ai vu une femme pleurer pendant que nous faisions l’amour. Pas après l’orgasme, mais pendant la pénétration. Je lui ai demandé si ça allait bien, si elle avait mal. Non, tout allait bien, au contraire tout allait parfaitement bien alors elle se lâchait dans le plaisir, dans la joie, dans la gratitude. Aucun rapport avec les orgasmes bruyants de Sally dans ‘Quand Harry rencontre Sally’.
C’était vraiment un trop plein d’émotions, comme dans ces émissions de téléréalité quand on voit une personne découvrir un merveilleux cadeau inimaginable.
Concrètement, de l’extérieur c’était comme si elle venait d’apprendre une mauvaise nouvelle qui la faisait s’effondrer et sangloter à chaudes larmes. C’était vraiment étrange de continuer à la pénétrer pendant qu’elle pleurait. Mais c’est ce qu’elle voulait alors j’ai continué. Il y a eu d’autres fois et d’autres femmes. Avec le temps, j’ai compris la valeur de l’expérience. J’ai appris à apprécier la beauté de ce partage, de cette énorme ouverture du cœur. Cela n’arrive pas à chaque fois que j’ai fait l’amour, mais de plus en plus.
Je ne le cherche pas. Cela se fait tout seul.
C’est une vague de sensations, de ressentis. Un mélange de gratitude, d’émerveillement, d’affection, de joie intense qui submerge le corps et le cœur. Alors oui, il y a des larmes, il y a de sanglots mais de bien-être, d’extase, de volupté, de félicité qui même parfois se transforme en fou rire. C’est surtout un lâcher prise qui lui permet de laisser exprimer son côté animal voire bestial. Certains diront hystérique. Je dirai simplement femme sauvage, sans retenue et libre sans limite.
On ne voit pas ça dans les films. On en parle rarement, peu savent que cela existe et encore moins qui le vivent. Maintenant que vous savez que c’est possible, forcément votre esprit sera ouvert à cela. Vous n’avez pas besoin de le chercher. On n’a pas besoin d’aller vers, c’est simplement quelque chose qui vient quand on est dans une grande confiance, intimité et complicité.
Alors comment faire pleurer une femme ?
Je peux seulement donner quelques pistes. Pas forcément suffisantes mais nécessaires.
Pas d’attente : ni de jouir, ni de plaisir. Juste rester présent à ce qui se passe. Cela laissera à votre partenaire toute la liberté d’explorer et d’accueillir ce qui arrive.
Pas de fuite : restez présent, regardez et accueillez toutes les émotions qui viennent à vous. C’est ok d’avoir peur, c’est ok de sentir la tristesse monter, c’est ok de voir arriver la colère.
Laissez pleurer votre amante, laissez la crier, vomir, hurler, se débattre. Vous pouvez la prendre dans vos bras, pour la soutenir mais non pour la calmer, non pour l’apaiser, non pour la réconforter. En cherchant à la calmer, à l’apaiser ou la réconforter, vous lui signifiez que l’expérience est négative. Vous la censurez dans l’expression de sa nature sauvage. Peut-être lui tenir fermement les mains, pour l’empêcher de se faire mal, oui mais sans intention de la calmer.
Au contraire, je peux la tenir fermement pour lui montrer ma force, ma puissance, ma solidité face à ses émotions et lui prouver qu’elle peut tout faire, je serai plus fort qu’elle physiquement et émotionnellement.
Je serai le contenant, le creuset qui peut contenir son explosion. Le fil incassable qui l’empêchera de sombrer dans les abîmes de ses émotions. Le lien indestructible qui la maintiendra à la raison pendant qu’elle visitera sa folie.
Cela laissera à votre partenaire toute la liberté d’explorer et d’accueillir ce qui arrive. Oui, je me répète mais c’est exprès. Il faut donner toute la sécurité nécessaire pour que votre partenaire puisse visiter ses démons et ses profondeurs pour remonter ensuite vers la lumière et accueillir sa globalité.
Les pleurs expriment la joie de se retrouver totalement.