Cuisson à l’eau froide

La première fois que j’ai fait germer des graines, j’ai étais surpris du fait qu’une graine dure comme le pois chiche, trempée longuement dans l’eau, devienne tout à fait mangeable. Même plus, une graine comme la lentille ou le soja devient même très tendre en germant. Ça a complètement chamboulé ma conception de la cuisson. Au lieu de cuire les graines avec de l’eau bouillante plusieurs minutes, je peux obtenir le même résultat avec l’eau froide en quelques jours. C’est presque pareil mais en beaucoup mieux.

Premièrement, je ne dépense pas d’énergie pour chauffer la l’eau donc c’est plus écologique. Deuxièmement, toutes les vitamines, sels minéraux et autres nutriments sont préservés tandis que la chaleur a pour effet de les détruire ou au moins dégrader la plupart d’entre eux.

Ce que j’ai découvert avec le toucher et le désir c’est la même chose. Je peux caresser ma partenaire, et réciproquement, pour provoquer chez elle une montée de désir, d’excitation. Le mouvement, comme la chaleur, transforme l’état de ma partenaire. Mais ce n’est pas toujours nécessaire. Il y a des moments où il suffit que je pose ma main sur son corps. Le contact. Ce qui va faire office d’eau pour les graines, c’est ma présence au moment présent et au toucher.

Cette présence, cette concentration d’énergie, cette intensification de mon attention va littéralement pénétrer son corps et va le soutenir dans le développement du désir et de l’excitation. Ça prend plus de temps. Ça demande plus de concentration mais ça amène une autre qualité sensorielle.

Le secret c’est donné le temps et l’espace pour que la sensualité et le désir s’expriment d’eux-mêmes. Comme il est de la nature de la graine dure de se transformer en germe plus tendre. Elle est faite pour ça, pas besoin de pousser ou de forcer. Quand on se force, ça se voit, ça se sent.

Par exemple, j’allais régulièrement danser dans les clubs parce que j’adore danser. On y voit de jeunes femmes jouant de leur charme, jouant la séductrice ou la provocation. Elles veulent plaire, séduire, faire la Maryline Monroe. Ce qu’elles cherchent c’est le regard des hommes ou celui d’amies complices, elles s’en nourrissent, prennent de l’assurance pour exprimer leur sensualité.

Elles ont besoin de l’extérieur, de l’énergie pour oser se montrer, et encore pas tout à fait puisqu’elles ne montrent que ce qu’elles pensent utiles pour attirer le regard. Au contraire, dans les ateliers de danses libres, on voit des femmes simplement curieuses de leur corps, leur bras, leur bassin ou leur tête. Leurs mouvements sont plus profonds et gracieux simplement parce qu’elles le font pour elles-mêmes et pour leur propre plaisir. Pas pour être regardées. Pas pour autrui.

Seulement pour elles, pour célébrer leur propre nature de femme avec un corps. Pour faire ça, elles n’ont besoin que d’espace, de liberté et de l’attention pour elles-mêmes. Rien d’autre.

Dans la thérapie et le coaching aussi. Il y a des fois où c’est le silence de l’écoute profonde qui guérit. Ce n’est pas toujours les conseils, les belles paroles ou les mots de grande sagesse. Parfois, c’est simplement le silence en présence qui accueille et soutient le cheminement qui est le plus bénéfique.

Ce n’est pas une généralisation, je ne te dis pas de systématiquement poser seulement ta main sans bouger et d’y porter ton attention. Je ne te dis pas de ne pas caresser ta ou ton partenaire. Je te propose de le faire quelquefois. Par curiosité, comme lorsque j’ai fait germer les graines la toute première fois. Essayer de voir. Explorer et conclure par toi-même.

Ça rend humble et ça apporte en même temps un grand soulagement d’expérimenter le fait que je ne fais pas grand chose et que les choses peuvent se faire d’elles-mêmes.