Du sexe au coeur comme de la bouche au ventre

L’excitation, le désir n’est pas un bon critère pour savoir si la relation sexuelle est de qualité ou non. Comme les saveurs d’un plat n’indiquent pas son excellence nutritionnelle. Si nous ne sommes pas attentifs, nous pouvons nous faire piéger par notre bouche. C’est elle qui nous donne les compulsions alimentaires. Les envies de chocolat, de sucre, de charcuterie. Dès que nous avons 2 des 3 saveurs sucré, salé et gras, cela peut nous rendre addictif.

D’ailleurs ce qui est addictif, c’est ce qui nous donne l’impression de remplir sans vraiment répondre à nos besoins.

Un repas que nous trouvons bon n’est pas forcément un bon repas pour nous. Il peut être trop riche en pâtisserie, en sauce et indigeste mais nous ne nous en rendons pas compte quand nous dégustons les plats. Nous nous en apercevons qu’après avec une digestion difficile, des ballonnements, une lourdeur, une torpeur voire des réactions bien plus tard dans la journée et les jours suivants. Il se peut que les saveurs soient très intenses alors que les apports nutritifs soient très pauvres.

C’est le problème de l’industrie alimentaire qui propose des plats avec du goût mais non nourrissants. A contrario, un repas de végétaux crus peut être riche en fibres, sels minéraux et vitamines mais aura moins de saveurs. Alors comment choisir un bon repas ?

Un bon repas ne se juge pas pendant le repas. Il s’évalue après, lors de la digestion, voire bien après. Comment est-ce que nous nous sentons ? Sommes-nous en forme ? Avec un esprit clair et vif ? Nous sentons-nous légers ? Joyeux ? Vivants ? En gratitude à la nature ?

Pourquoi sommes-nous si facilement dupés par notre bouche qui nous pousse à faire des choses qui ne nous font pas du bien ? J’ai une théorie. Notre bouche a été conçue il y a bien longtemps depuis la préhistoire. Là où la nourriture était rare. Là où les aliments riches en calories avaient des goûts sucrés, salés et gras. Notre bouche, notre corps, datent de l’époque d’une pénurie alimentaire et ne sont plus adapté à une société d’abondance.

Notre corps était programmé pour la survie, alors que maintenant nous pouvons, avons le luxe, de vivre en bonne santé.

La première chose à apprendre pour une alimentation saine, c’est la patience. Ne pas se jeter sur la nourriture dès qu’il y a une sensation de faim. Rappelons-nous que dans le règne animal, la faim est le début de la quête de la nourriture et non le début du repas. La faim est une amie à accueillir qui nous veut du bien, et non une ennemie à combattre en nous remplissant le ventre.

Et pour la sexualité ? C’est la même chose. Nous sommes passés, du temps de la préhistoire voire de l’histoire, à un acte de reproduction et de survie de l’espèce à un acte de vie et d’amour. Mais notre corps, notre esprit, celle de la société sont restés dans cette quête impatiente de plaisir qui vient soulager les tensions, l’excitation.

La première chose à apprendre pour une sexualité saine, c’est la patience. Ne pas se jeter sur le plaisir dès qu’il y a une sensation de manque, d’excitation. L’excitation est une amie à accueillir qui nous veut du bien, et non une ennemie à combattre à coups d’orgasmes explosifs.

Une belle relation sexuelle ne se juge pas forcément pendant l’acte. Elle s’évalue surtout après. Une demi-heure, des heures voire les jours suivants. Comment est-ce que nous nous sentons ? Sommes-nous en forme ? Vitalisé ? Rempli d’amour ? Avec un esprit clair et vif ? Nous sentons-nous légers, joyeux, vivants, en gratitude pour notre partenaire, en gratitude pour la vie ?

Le sexe en manque peut être comme la bouche affamée qui veut se remplir alors que fondamentalement, elle ne peut jamais être remplie. Ne pas se fier qu’à son sexe, à l’excitation et au désir. Écouter son coeur après la sexualité, comme quand on écoute son ventre après le repas.

Contrairement à la bouche et au sexe qui crient leur besoin, le coeur et le ventre ne font que murmurer leur contentement, leur plénitude et leur quiétude. Pourquoi ? Parce que quand on est heureux de la vie, on évite de faire du bruit. On la savoure dans le silence.