Expansion de la conscience vs Focalisation de l’attention
L’expression “expansion de la conscience” donne bien une idée aux personnes qui ne connaissent pas l’expérience, ça parle à leur imaginaire, mais induit en erreur d’interprétation pour celles qui veulent la pratiquer. Elle sous-entend un mouvement vers quelque chose à l’extérieur. Pour les néophytes, ce qui importe c’est de percevoir sur une plus longue distance, dans un espace physique ou vibratoire plus vaste. En réalité, on n’agrandit pas la perception dans l’espace mais on affine et concentre la perception vers l’intérieur : le ici.
Prenons l’exemple du télescope. On dit qu’un télescope est fait pour regarder ce qui est loin, très loin. En vrai c’est faux, c’est pour regarder le près, précisément, très précisément.
Un télescope ne regarde pas au loin. Il n’est pas fait pour aller là-bas, mais pour aller ici.
Une fusée, oui, c’est pour aller loin. On envoie une fusée au loin. Oui, c’est vrai. On fait une fusée pour qu’elle aille sur la lune, sur Mars. On crée un satellite pour qu’il atteigne Jupiter, Pluton et plus loin encore.
Mais un télescope, il ne regarde pas là-bas, il regarde ici. Il regarde et analyse la lumière des étoiles lointaines, des milliards et milliards de km, qui arrive jusqu’à nous.
La sensibilité du télescope nous permet de mieux nous rendre compte des détails, de mieux distinguer tout ce qui est “ici”. On analyse les signaux, on filtre les flous, on grossit les contrastes. En définitive on ne regarde que le ici.
L’univers entier nous arrive dans le ici, alors pourquoi aller là bas pour le trouver. Et de toute façon, nous sommes, avons toujours été et resterons pour l’éternité dans le ici. C’est donc bien ici qu’il faut regarder. Mais regarder plus profondément, plus attentivement.
D’ailleurs quand je vois un arbre là-bas, en réalité, je le perçois ici. L’image de l’arbre est sur ma rétine. Il y a même des technologies qui se développent pour envoyer la lumière directement sur la rétine au lieu d’utiliser un écran pour y créer une image. Mettre l’image ici.
Finalement, ce qui compte c’est ce qui se passe ici. En moi. Dans une écoute fine, précise, sensible.
Pour la sexualité, de mon expérience, c’est la même chose. On croit qu’il faut aller vers l’autre, apprendre des techniques pour lui donner plus de plaisir, plus d’excitation mais au final ce qui compte, c’est ce qui existe réellement en moi.
Le mental me projette dans l’imaginaire, loin de moi. C’est sa nature. Anticiper une réalité qui n’existe pas ici. Manipuler des expériences virtuelles. Me donner des solutions futures, ou plutôt imaginaire, pour des problèmes qui sont souvent dans le futur, ou plutôt dans l’imaginaire, aussi.
Pour vivre une expérience sexuelle authentique, intime, intense dans l’affection, c’est en moi que je vais écouter. Pas une écoute égotique ni psychanalytique. Mais une écoute ouverte, une écoute à tout ce qui est présent en moi, dans mon corps, dans mon cœur, dans mon sexe et dans mon esprit. Oui, j’écoute aussi mon esprit. Le mental n’est pas mon ennemi, ce n’est simplement pas mon maître. C’est un ami précieux, comme mon corps, mon coeur et mon sexe.
Mes frustrations/insatisfactions/déceptions sexuelles viennent souvent du fait que je n’ai pas été suffisamment ici durant les échanges.
La beauté de mes expériences sexuelles dépendent plus de ma capacité à être présent que mes compétences ou performances sexuelles ou celles de ma partenaire.