Faire l’amour en spirale
La ligne droite est le plus court chemin pour aller d’un point à un autre. La ligne spirale est le chemin le plus complet pour aller d’un point à un autre.
Une façon de vivre une sexualité sensible est d’aller progressivement en respectant le rythme et le désir de chacun. Par exemple, nous nous caressons la main. Puis, quand tous les deux nous sommes prêts à un rapprochement, nous nous touchons les bras, puis les épaules, en allant de plus en plus dans l’intime des corps.
A chaque étape, il y a cette question tacite : “Est-ce que nous sommes prêts pour aller plus loin ?” Si la réponse est oui, alors les contacts, les caresses, les baisers progressent vers plus d’intimité. C’est une évolution en ligne droite où l’attention est portée par l’envie de chacun.
Une autre façon d’avancer dans l’exploration des corps est le parcours en spirale des sensations. La question qu’on se pose alors est “Est-ce que je me suis complètement délecté de cette partie de ton corps ?”. Tant que la réponse est non, on reste à savourer cette partie. Donc, on ne passe pas des caresses des mains aux caresses des bras quand on est prêt mais quand on a goûté tout ce qu’il y avait à goûter des caresses sur cette main. Jusqu’au dernier baiser qu’on pouvait y déposer sans l’user.
Quand on est rempli de la sensation de la main, quand on l’a totalement regardé, pleinement senti, quand on est rempli de la main, je dirai même quand on déborde de la main de l’autre, alors seulement on passe à l’exploration du bras.
Dans cette manière de rencontrer l’autre, en partant de n’importe quelle partie de son corps, il n’y a plus de but. Il n’y a pas d’objectif à toucher, caresser ou embrasser son sexe. Son sexe n’est pas la destination. Son sexe fait simplement parti des étapes qui vont entrer un moment où un autre dans mon exploration de son corps. D’où mon image de la spirale où le sexe est intégré dans le parcours de l’exploration et non plus une destination à atteindre.
Le but est de se rassasier complètement de sa partenaire … jusqu’à la dernière goutte, la dernière miette, le dernier soupir. Être rempli de l’autre prend alors vraiment tout son sens.