Kamasutra, de la position à la sensation
Comme beaucoup de concepts traditionnels, la compréhension populaire en occident prend des raccourcis qui dénature complètement ces concepts et leurs richesses. Le Kamasutra est un exemple typique.
Premièrement, le Kamasutra n’est pas un traité sur la sexualité mais un traité sur la vie en général. Dharma : le devoir, ce qui est bon au plan moral ; Artha : les intérêts, ce qui est utile sur le plan social ; Kâma : l’amour, ce qui est agréable sur le plan sensoriel.
Deuxièmement, dans la partie de ce qui est agréable pour le corps, il y a la sexualité au sens large avec des conseils sur les baisers, les morsures, les griffures et les caresses.
Pire encore, comme le singe qui regarde le doigt quand le sage pointe la lune, de tout cela, malheureusement, on n’a retenu que des postures acrobatiques. On a oublié le pourquoi. Le but n’est pas de réaliser une exploration des positions mais des sensations.
L’intérieur du vagin est une zone complexe et riche. Quand on l’explore, on remarque la variété des textures, tantôt lisse, tantôt rugueuse, avec striée ou granuleuse avec des frontières très nettes on comprend la sensibilité subtile du vagin et la précision qu’il faut avoir dans son contact.
Les positions du Kamasutra permettent d’explorer les multiples types de touchers, la variété des pressions, des mouvements et des directions, les différents contacts avec le pénis. C’est une recherche délicate et subtile du ressenti et non de la performance. Les positions sont des moyens pas des buts en soi. La perception de la sensation est le but.
Dans une sexualité sensible, l’attention est vraiment portée sur la sensation. Pour cela on a besoin de se dénuder des vêtements physiques mais aussi des protections psychologiques qui tous deux créent une barrière plus ou moins fine à la perception.
Au-delà du plaisir physique, il y a la joie profonde d’avoir été présents nos sensations, à notre partenaire, à nous-mêmes … et à l’Univers.