La force de dire non, la faiblesse d’accepter, la sagesse de dire oui

Il n’est pas toujours facile de dire non, que ce soit dans la sexualité, dans la relation de couple, ou ailleurs. Souvent, sur le moment je ne m’en suis pas rendu compte. C’est après, que je prends conscience que cela ne me convenait pas. Sur l’instant, je voulais bien faire, faire plaisir, être conciliant, me montrer aimant. J’espérais que cet effort que je donne se transformerait en quelque chose de plus positif pour moi.

Souvent, je ne me rends pas compte sur le moment que je voulais dire non. J’ai accepté de manière automatique, compulsive … pour ainsi dire inconsciente. Après, je rumine, je ressasse, j’élabore les scénarios alternatifs. Tout ce que l’autre aurait dû dire ou faire pour prendre soin de moi, de mes besoins. Ou ce que j’aurais dû dire et faire.

Je ressens de la colère contre l’autre, les autres, ceux à qui je n’ai pas eu la force de dire non. Parce que c’est ça la vérité. Je n’ai pas eu la force de dire non. J’avais peur de décevoir, peur de perdre l’harmonie, peur de casser la relation. Alors j’ai accepté ce qu’on me demandait, ce qu’on me proposait, sans voir, sans réaliser, sans entendre la petite voix qui disait non à l’intérieur de ma tête.

Dans la sexualité, dans la vie de couple, familiale, professionnelle, il y avait les mêmes peurs. Peur de décevoir, d’être rejeté, de perdre la relation. Je voulais préserver la relation amoureuse, la famille, la sexualité. Mais en acceptant par faiblesse, je n’ai préservé la relation qu’en surface. Les apparences sont sauves mais au dedans, en mon for intérieur il s’est créé une fissure. Je voulais garder la relation avec l’autre mais j’ai sacrifié la relation avec moi-même.

Comment vivre une belle relation amoureuse quand mon cœur se resserre pour tranquilliser l’autre ? Comment s’épanouir dans la sexualité quand ma vérité se cache pour ne pas déranger l’autre ? Comment espérer que l’autre m’aime pour qui je suis quand je n’arrive pas à me montrer complètement sincère et authentique. C’est impossible.

Il faut de la force pour dire non. Mais quand on n’a pas eu la force de le faire par le passé, ce n’est pas la peine de s’en vouloir ou en vouloir à son partenaire. On peut, on le fait, mais ce n’est pas la peine et ça engendre beaucoup de peine.

On ne peut pas transformer un ‘Oui’ du passé en un ‘Non’ du passé. Mais on peut le transformer en un ‘Oui’ du présent pour ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé devait arriver comme ça. Je n’avais pas la force de dire non ? Et bien, ce n’est pas grave. Ce dont j’ai besoin aujourd’hui c’est la sagesse de dire ‘Oui’ à ce qui s’est passé. Accueillir l’expérience, les émotions, la colère peut-être, la tristesse peut-être, voire même le désespoir qui sait.

La sagesse de voir et de reconnaître ma faiblesse dans le passé. La sagesse de reconnaître que la stratégie n’a pas marché. Je voulais sauver la relation à mon détriment mais une relation ne peut être belle quand on doit renoncer à soi-même. Parce que quand j’aurai renoncé à moi-même, que restera-t-il de la relation ? Une coquille creuse qu’on essaie de préserver parce qu’on y a trop investi ? C’est un effort qui va encore me couter de moi-même.


Définitivement, je ne peux pas être heureux dans une relation si je dois renoncer à moi-même. Reconnaître cette vérité, c’est cela qui m’a donné la force aujourd’hui de dire non à ce qui ne me convient pas.

La paix avec le passé est essentielle pour être heureux, pour vivre la joie et la légèreté dans la relation intime. Cela peut être long, difficile mais absolument nécessaire.

Une formation sur la sexualité devrait toujours commencer par une réconciliation avec le passé avant de proposer des explorations sur des pratiques sexuelles sinon c’est une construction sur du sable … c’est beau, c’est plaisant mais ça ne résistera pas ni au temps ni aux secousses de la vie.