L’aphrodisiaque le plus méconnu
Quand on entend le mot aphrodisiaque, on pense aux aliments, aux vêtements et lingeries, aux positions, aux situations, aux jeux de rôle ou à des pratiques. Mais vous n’avez probablement jamais entendu parler de mon plus grand aphrodisiaque : la vérité. Cet ingrédient a son pendant qui est la liberté d’être.
C’est étonnant mais voici pourquoi j’ai été amené à cette conclusion. Par exemple, à la fin d’une relation quand ce n’est pas la guerre, il arrive souvent que la sexualité entre les deux amants devienne plus intense. Qu’il y ait beaucoup plus de désir. On ne peut pas dire que le temps a usé la libido puisque justement elle revient. Pourquoi ? Et c’est là mon hypothèse : parce que quand vous êtes à la fin d’une relation, il y n’y a plus d’enjeux. Vous ne voulez plus faire d’effort.
Il n’y a plus rien à espérer, à sauver donc vous osez être vous-même. Qu’est-ce que vous avez à perdre puisque la relation se termine ? Alors vous vous lâchez.
La grande différence entre un couple légitime et un couple illégitime, c’est que dans le deuxième cas les partenaires ne cherchent plus à se montrer parfait. Ils savent que chacun d’eux est un menteur, qu’ils trompent leur conjoint en acte et en paroles. Et le visage d’un menteur est moins lourd que le masque d’un sain.
Un autre exemple de regain de libido, c’est quand on dévoile une vérité cachée longtemps, infidélité, perte d’argent, etc. Évidemment, il y a une crise liée au choc de la nouvelle, mais après il y a une nouvelle énergie, c’est plus fort sexuellement. Pourquoi ? Parce que mentir consomme de l’énergie. Oui, cacher quelque chose c’est faire tourner un programme en tâche de fond pour ne pas révéler la vérité. Comme tout programme qui tourne en tâche de fond, ça ralentit tous les autres programmes visibles.
En plus, ce n’est pas seulement la libido de la personne qui cache une vérité qui s’affaiblit. C’est la libido du partenaire aussi. Parce qu’en réalité, tout se sait. Nous n’en avons pas forcément conscience mais il y a des indices. Nos inconscients détectent les incohérences, les silences un peu trop longs ou trop courts, les mouvements réflexes, les non-dits, les mal-dits et aussi les sur-dits.
Ce qui se passe pour les gros mensonges vaut aussi pour les petits. Ces petits trucs qu’on n’a pas envie de raconter parce que ce n’est pas très grave, trois fois rien. Mais ces petits oublis s’empilent les uns sur les autres et en plus s’accumulent avec le temps.
Je ne vous dis pas qu’il faut tout dire, tout miser sur la relation authentique. Dans certains cas, ce n’est pas possible. Ça coûte trop cher. Je vous invite seulement à voir ce mécanisme en vous. En votre partenaire aussi. Avec bienveillance. Personne ne ment s’il a la possibilité de dire la vérité s’il n’y avait pas d’inconvénients.
Au bout du compte, ce n’est pas forcément le temps qui use le désir. Peut-être qu’il le fait aussi. Mais c’est surtout ces petites vérités désagréables qu’on a pas voulu partager. Cette intimité qu’on n’a plus envie de partager parce qu’on ne se sent pas écouté, compris, aimé vraiment pour qui on est.
Si vous avez une vérité que vous n’arrivez pas encore à partager, je vous suggère de regarder la situation de la façon suivante. Entre choisir l’inconfort de mentir par omission un jour de plus ou d’assumer la crise en révélant la vérité, c’est normal de choisir de se taire. C’est justifié, logique et rationnel. Maintenant, prenons du recul.
Entre choisir l’inconfort de mentir chaque jour pendant les 5 prochaines années ou assumer une crise pendant quelques jours voire quelques semaines pour permettre à la relation de vivre les 4,9 prochaines années dans la légèreté, là on hésite beaucoup plus. Hors c’est la réalité. Je connais une femme infidèle qui l’a caché à son mari pendant plus de 20 ans. Vous vous rendez compte ce que c’est d’être avec une personne qu’on aime et ne pas pouvoir se montrer tel qu’on est. Pendant 20 ans.
En même temps, chaque fois qu’elle se pose la question “je le dis aujourd’hui ou demain ?” La réponse facile est demain, encore demain et toujours demain. Pour la petite histoire, elle a réussi à le dire à son mari et ça a créé une nouvelle base plus solide à leur relation.
Repensez aussi aux fois où tout à coup, en plein milieu de l’acte, le désir s’évapore. Je ne parle pas des moments où on est fatigué, malade, avec des soucis ou après un jeûn, où l’envie est là mais où le corps ne suit pas. Je parle des moments où physiologiquement tout va bien, l’homme assez dur, la femme assez humide puis on ne sait pas pourquoi tout s’arrête. Et bien, d’après mes expériences, il y a de forte chance que vous ayez connecté un mensonge par omission.
Les esprits n’ont pas voulu le voir ou l’admettre mais les corps l’ont bien et bel ressenti.
Ce n’est pas forcément facile de dire la vérité, mais c’est quand même un excellent aphrodisiaque pour une sexualité heureuse. C’est mon meilleur aphrodisiaque.