Les 4 accords toltèques
- Que ma parole soit impeccable
C’est l’accord le plus difficile pour moi. Concrètement cela signifie dire la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. C’est difficile parce qu’en parlant de mes ressentis, mes désirs, mes fantasmes, mes peurs et mes blessures je me montre vulnérable, exposé à tous les dangers de rejet, d’abandon. J’enlève toutes les protections. Je retire le masque qui me protégeait. Mais c’est une étape indispensable.
Au fond de moi, j’ai envie d’être aimé tel que je suis et j’ai peur de ne pas l’être. Comme j’ai peur qu’elle ne m’aime/me désir pas pour qui je suis, j’enfile un masque pour lui plaire, pour correspondre à ses attentes. Paradoxalement, c’est parce que j’ai toujours porté un masque, parce que je ne me suis jamais montré moi-même que je ne peux pas être aimé totalement. Comment savoir si l’autre m’aime réellement si je garde un masque, même minuscule.
Je lui interdis l’accès à mon être et ensuite je voudrais qu’elle m’accepte complètement dans mes ombres et mes lumières ?!? Je lui demande l’impossible.
Un jour j’en ai eu assez du masque. Le prix à payer, faire semblant est devenu trop cher. Je ne sais pas si c’est vrai qu’un peuple prêt à sacrifier sa liberté pour sa sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre et finit par perdre les deux, mais j’ai longtemps sacrifié ma vérité pour mon confort et j’ai fini par perdre les deux.
- Ne pas faire de supposition
La supposition que j’ai le plus entendu c’est “Si il m’aime alors il devrait faire ceci…” ou “Si elle m’aime, elle devrait savoir cela …” Ma partenaire n’est pas télépathe ni médium. Et moi non plus d’ailleurs. Je ne connais pas si bien ma partenaire. Quelle est la meilleure preuve ? Quand elle m’irrite, me frustre ou me met en colère. Quand une personne vous irrite ou vous déçoit c’est qu’elle ne correspond plus à l’image que vous avez d’elle. Vous avez supposé qu’elle devait être comme ci ou comme ça.
Est-ce que vous êtes irrité parce que la pluie vous mouille ? Non, la pluie ça mouille. Chaque colère, chaque déception nous renvoie à la distance entre ce que nous attendons de l’autre et ce qu’il est actuellement. En réalité, il ne s’agit pas de l’autre mais de ma mauvaise connaissance de l’autre et de la réalité.
- Ne rien prendre personnellement
Votre partenaire agit en fonction de son histoire, de ses expériences, de ses croyances. Cela devient vraiment clair en appliquant les autres principes. Quand je me rends compte que je fais beaucoup de suppositions (accord 2 ), donc ma partenaire sûrement aussi, et que je vois qu’elle a toujours fait de son mieux (accord 4), je comprends qu’il n’y a rien de personnel dans mes interactions avec elle.
- Faire de mon mieux
C’est non seulement à chaque instant faire de son mieux mais aussi reconnaître qu’à chaque moment passé, dans toutes les situations douloureuses, j’ai fait de mon mieux. Beaucoup de colère contre l’autre se formule par “Elle m’a fait, ou ne m’a pas fait ceci ou cela”. C’est une première étape de la compréhension. La deuxième étape est de reconnaître ma responsabilité, que “C’était à moi de faire/ou ne pas faire ceci ou cela. C’était de ma responsabilité, dans mes compétences”. La colère est dirigée contre moi.
Peut-être qu’elle se transformera en tristesse ou en culpabilité. La troisième étape est de voir que j’ai fait de mon mieux, je ne pouvais vraiment pas faire plus ni autrement. J’étais piégé dans mes concepts, mes valeurs, mes croyances. La quatrième étape, la colère devient compassion pour l’autre. Il a fait de son mieux aussi. Comme moi, il était enfermé dans ses certitudes, ses blocages et ses défenses. Au final, cinquième étape, c’est la compréhension, la compassion. C’est le “pardon radical” de Colin Tipping.
Ou la formulation encore plus juste de Byron Katie “Le pardon, c’est découvrir que ce que vous croyiez s’être passé ne s’est pas passé, qu’il n’y a jamais rien eu à pardonner. Personne n’a jamais rien fait de terrible. Il n’y a rien de terrible excepté vos pensées au sujet de ce que vous voyez.” Pour vous-même comme pour l’autre.
La sexualité heureuse, c’est ce qui vient quand je me suis nettoyé des fausses pensées sur moi, sur l’autre et sur la vie. Quand je n’ai plus de colère, de frustration, de reproche je suis présent à ma partenaire. Je suis léger dans le toucher, joyeux dans le contact. Mes mouvements peuvent être lents ou vigoureux, mes caresses délicates ou fermes, mes morsures violentes ou douces, c’est toujours avec le cœur tendre et ouvert.