Mère Teresa et les lépreux
Elle s’occupait des lépreux, les soignait, faisait leur toilette. Un jour quelqu’un lui a demandé comment elle faisait pour ne pas trouver cela répugnant. Elle répondit qu’elle aussi trouvait cela dégoûtant, mais elle acceptait de ressentir cette sensation de dégoût pour pouvoir s’occuper des malades.
Alors oui, ce n’est pas glamour de parler de dégoût, de répugnance dans un texte de sexualité mais vous savez quoi ? Je m’en fiche du glamour. Ce qui m’importe c’est de parler d’amour. Quelle preuve d’amour, de grandeur d’âme chez mère Teresa pour ne pas fuir le désagrément et privilégier le contact, la présence.
Pour ceux qui ont des enfants et qui ont changé les couches, vous savez de quoi je parle. Les couches salent, ça ne sent pas bon. Mais on reste présent avec notre bébé. On ouvre la couche, on retire les crottes, on nettoie leur petites fesses avec une crème pour préserver leur douceur de leur peau.
Qu’est-ce qui fait qu’une personne peut manquer de présence dans la sexualité, se mettre en mode automatique, des mouvements techniques pour avoir de l’excitation, du plaisir, du relâchement ? Sans être vraiment là, en connexion avec sa partenaire … ni avec elle-même d’ailleurs.
C’est simplement un mécanisme de défense, de protection. Elle se protège. Elle vit une situation stressante. Elle fuit sa vulnérabilité. Elle évite de ressentir ses peurs et ses blessures. Alors implicitement, elle demande à l’autre de ne pas la déranger. De faire la même chose. Ne pas montrer de vulnérabilité. Cacher les blessures. Faire semblant de ne pas avoir peur. Feindre que tout va bien et que tout est parfait.
C’est ce que j’ai fait durant des années. Avec des femmes que j’aimais.
Aujourd’hui encore, j’ai des blessures. J’ai des peurs. Pendant les moments d’intimité sexuelle, des fois je me pose des questions sur ce que je dois faire, j’ai envie de faire, si ça va lui plaire, si je peux en parler, si ça va lui déplaire, l’agacer, couper son envie. Mais une chose a profondément changé : J’ai la volonté de tout accueillir en moi et de partager avec elle. Seulement, la volonté ne me suffit pas. J’ai aussi des outils. Des pratiques qui m’ont permis de dépasser ces peurs, de laisser remonter les blessures.
C’est comme cela que je peux rester présent à moi, avec toutes les sensations. Alors je peux aussi rester présent à ma partenaire et pouvoir tout accueillir d’elle. Je n’aime pas tout en elle mais je peux tout accueillir. En tout cas je m’efforce de le faire. Tout, même ce qui réveille mes peurs, mes douleurs, mes questionnements. Je lui offre ainsi un espace où elle peut être elle-même. Dans sa totalité.