Qu’est-ce que ça veut dire partenaire ?

C’était il y a déjà quelque temps. J’étais avec une femme. Il y a avait les caresses, l’excitation, la danse de nos corps. Pas métaphoriquement, nous dansions littéralement ensemble dans une chorégraphie sensuelle et sexuelle. Le niveau du désir était bien haut, la respiration, les soupirs et les modifications physiologiques.

Pourtant, elle s’est arrêtée et m’a dit : “Duy, je nous sentais plus dans l’écoute la dernière fois.” Et bam, un petit coup pour réveiller le gars qui vous écrit des posts et propose des séminaire sur la sexualité sensible.

Pour accueillir sa venue, j’avais préparé des bougies, des huiles essentielles, de l’encens, de la musique et une décoration. Se faisant, je suis resté dans l’énergie de l’organisation, l’action, le faire, l’agitation de la préparation. Je n’avais pas pris le temps de me déposer, de revenir au silence.

Dans nos échanges, il y avait de l’écoute de l’un et l’autre mais il n’y pas l’écoute du silence. Pas cette fois-ci. Je n’étais pas vraiment silencieux. Je ne le réalise que maintenant, parce qu’elle a pointé notre/mon “faire”. Je n’étais pas complètement relâché, détendu.

C’était vrai. Elle avait raison. J’étais un peu déçu par moi-même. Moi, mes textes, mes livrets qui expliquent aux autres la présence, l’écoute et là je n’y étais pas. J’étais pris par l’élan de l’organisation. En voulant bien faire, je suis tombé dans le piège du bouillonnement intérieur. Je pose des mots dessus. Je reconnais qu’elle a vu juste. Je lui partage mon effervescence des préparatifs. Cette effervescence est encore là au moment où je lui parle. Ce n’est pas complètement redescendu.

Je me décolle un peu d’elle. Plusieurs respirations profondes. Ressentir et accueillir mon agitation. Examiner nos échanges avec cet éclairage.

Je reviens au silence. Dans mon silence. Là, je sens un soulagement. Je ne suis pas parfait. Et surtout, je n’ai pas besoin de l’être parce que nous sommes deux. La qualité de l’écoute : je ne suis pas seul à l’assurer. Les égarements inconscients, les schémas automatiques : je ne suis pas le seul à pouvoir les surveiller. Nous sommes deux. Une équipe. C’est ma partenaire. Partenaire signifie allié. Oui, c’est une alliée pour combattre les ennemis : Nos peurs, nos schémas, nos automatismes, nos agitations.

Nous nous sommes alliés pour faire grandir la lumière, la conscience … l’écoute du silence. Je trouve l’apaisement. Le calme. Le silence.

Nous nous retouchons. Progressivement le contact s’approfondit. C’est autre chose. Une subtilité, une sensibilité à couper le souffle. Du plaisir intense en étant juste au contact. Si peu de mouvements, si peu de force et pourtant tellement puissant et dense. Envie de fondre. Envie de crier. Au final, un moment de pure présence dans la sensualité.

En plus d’un moment de plaisir intense et intime, c’est aussi un voyage ensemble vers plus de conscience. J’ai beaucoup de reconnaissance pour le courage que ma partenaire a eu pour refuser le moyen et viser le sublime. Éclairer les zones d’ombre est de la responsabilité de celui qui les voit (et ce n’est pas toujours moi !) Cela peut sembler difficile au début, mais ça sera de plus en plus facile par la suite.

Nous ne sommes pas dans une relation de transaction : “Je te donne du plaisir en échange tu me donne du plaisir”. Nous ne sommes pas face à face mais côte à côte. Nous essayons de faire face à nos aveuglements. Nous sommes partenaires de conscience et d’amour. En fin de compte, nous nous sommes alliés pour avancer ensemble vers notre lumière, ma lumière … la Lumière.