Sortir du Tantra et de la sexualité sacrée

Le Tantra, ou plutôt le Néo-Tantra, et la sexualité tantrique sont à la “Sexualité” ce qu’une église est à Dieu.

Dans une église, l’architecture, l’organisation des espaces, le jeu des lumières, la construction des formes et même l’espace sonore favorisent la prière, le retour au calme, au précieux au divin. Même quand on est athée, on est touché par l’atmosphère qui s’y dégage. C’est plus facile d’être calme dans une église. C’est plus facile de faire une prière dans une église. C’est plus facile de rencontrer Dieu dans une église. Mais Dieu est partout. Dans l’église mais aussi en dehors de l’église. Dieu est dans les nuages, le vent, les pierres.

Un jour Nasreddine, le Hodja, était en train d’uriner. Un passant l’interpelle, crie au sacrilège parce que Nasreddine dirigeait son urine en direction de la mosquée. Nasreddine lui demande alors de lui trouver une pierre où Dieu ne se trouve pas pour pouvoir uriner dessus. Le passant confus partit sans mot dire.

Un moine zen, en pèlerinage, s’arrête dans un tout petit temple pour la nuit. Comme la nuit est glaciale, il brûle le seul objet en bois qu’il trouve, c’est-à-dire la statue de Bouddha. Le gardien du temple, qui découvre que la statue brûlée au matin, voulait punir le moine. Le moine se mit alors à chercher frénétiquement quelque chose dans les cendres. Le gardien : “Mais qu’est-ce que tu cherches ?”. Le moine : “Les restes des os de Bouddha”. Le gardien : “Mais tu es fou ! Le Bouddha n’est pas dedans !!!”.

Puis un grand silence gêné du gardien.

C’est très bien les stages de Tantra pour découvrir de nouvelles dimensions dans la sexualité. Pour certains, moi le premier, c’est une grande étape. Mais qu’une étape. C’est très bien de vouloir une “sexualité sacrée”. Mais un moment, toutes ces images s’arrêtent naturellement. Il ne faut pas rester enfermé dans les concepts et les pratiques.

Je suis toujours gêné par les termes “sexualité tantrique”, “amant tantrique”, “sexualité sacrée” et autres expressions très poétiques, donc très attrayantes, parce que la beauté de ces mots risquent de focaliser notre attention sur des moyens, les églises, plutôt que sur l’objectif, Dieu.

Pour que ce soit vraiment clair. Je ne suis pas contre le Tantra, la sexualité sacrée, la sexualité tantrique. Je suis pour à deux cents pour cent. Je vous invite, si vous sentez l’appel, à faire des stages et des formations en Tantra. D’ailleurs, dans les formations que je propose, il y a quelques pratiques fondamentales que j’ai apprises dans ma formation en tantra. Sortir de l’idée du tantra, sortir de l’idéalisation du tantra, sortir de la mythologie pour mieux entrer dans ce qui vous touche sans y mettre des étiquettes.

Plus on valorise un concept, une expression, un idéal, moins on regarde ce qu’est la réalité et moins on voit l’immensité, la complexité de l’être.

Ne pas s’enfermer dans les mots ni dans les pratiques qui ne sont que des moyens pour un objectif bien plus grand et plus précieux : Vous.

PS :

C’est pour ça que je préfère parler d’une sexualité extra-alphas. De extra, le préfixe qui signifie en dehors de (comme extra-ordinaire, extraterritorial, extraconjugal, extraterrestre … et pas du tout comme extra-fin ou c’est extra). Alpha, en rapport avec le monde animalier où l’alpha est le dominant, le premier.

Donc sortir de toutes les structures hiérarchiques de groupe, arrêter les courses pour être le plus quelque chose, et aussi de la hiérarchie mentale avec le bien en haut, le mal en bas : Ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire. Sortir de tout ça. Ce n’est pas la meilleure expression que j’ai trouvé, c’est la moins pire ;)