Un clitoris ou une oreille, c'est pareil !
Prenez juste quelques secondes pour ressentir l’effet de cette phrase en toi.
La première fois que j’ai entendu ma formatrice de constellations familiales dire qu’un clitoris est pareil à une oreille, je me suis dit ce n’était pas possible, que je n’avais pas compris la phrase. Après j’ai pensé qu’elle était complètement à côté de la plaque. Comme elle le répétait régulièrement dans la formation, je finis par m’habituer à cette phrase. C’était son dada. Ca me faisait sourire. Aujourd’hui, j’ai compris que c’était une des plus grandes vérités que j’ai apprise de cette femme.
Quand on anime une constellation familiale, on doit être capable de tout accueillir. Les pensées, les valeurs, les croyances et les tabous des participants mais on doit aussi se connecter à un espace neutre, sans pensées, juste des faits. Le thème de la sexualité est fréquent dans les constellations familiales : viols, incestes, adultères, éducation religieuse stricte, etc. Garder une vision neutre des choses est cruciale pour pouvoir accompagner les personnes dans leur histoire sans s’y perdre.
Anatomiquement, physiquement un clitoris est une partie du corps. Une oreille est une partie du corps. Voilà c’est tout. Si ma formatrice avait dit qu’une oreille ou un doigt c’était pareil, je n’aurai pas du tout été surpris comme ça. Ma réaction indique l’histoire que mon mental ajoute au mot clitoris. Tous ces tabous, ces interdits, cette honte autour de la sexualité, je les ai collés aux sexes pendant des années. On apprend aux enfants de cacher leur sexe, et c’est normal parce que c’est la norme de la société.
Mais un moment donné, je peux remettre en question les normes de la société. Non pas pour les transgresser mais pour me retrouver. Quand je fais l’amour, est-ce que je veux le faire seul, dans mon intimité, ou est-ce que je veux inviter toutes les pensées, les valeurs et préjugés d’autres personnes. Je n’ai pas une quantité d’énergie infini, je ne peux pas porter mon attention sur tout. Je dois choisir entre faire l’amour la tête pleine et le corps vide ou la tête vide et le corps plein.
Quand on est médecin et qu’il y a une personne avec une coupure, on soigne pareil que ce soit sur un doigt ou sur un pénis. On oublie tous les caractères psychologiques de la partie malade sinon on ne fait pas bien son travail.
Bien sûr que ce n’est pas exactement pareil, il faut s’adapter sur le plan anatomique. je ne vais pas sucer de la même façon un orteil ou le bout de la langue. Il y a des spécificités. Ce n’est pas la même texture, ce n’est pas la même sensibilité. J’embrasse différemment la paupière ou le cou de ma partenaire. C’est une différence fonctionnelle. Une différence physique et physionomique. Mais pas de différence psychologique.
La moindre différence psychologique est en réalité une lourdeur psychologique qui m’empêche d’être en relation directe avec le corps de l’autre. Il y a un voile, des fois même un rideau épais, entre moi et le corps de ma partenaire. Je ne la touche pas directement, je la touche qu’au travers du voile.
Toutes ces blagues sur le sexe, ces insultes sur la sexualité traduisent une grande lourdeur psychologique à ce sujet. J’ai été baigné dedans. Je porte encore ces jugements, ces tabous, cette lourdeur. Mais à chaque fois que je ris à une blague de ce type, à chaque fois que j’entends une insulte sexuelle, je peux porter mon attention sur mon ressenti. Prendre conscience que cette lourdeur est là bien ancrée. Et le simple fait de voir cette lourdeur la détache peu à peu de mon esprit.
Les ennemis que je vois s’éloignent, ceux que j’ignore se rapprochent. On peut faire une toilette du corps avant de faire l’amour. On peut aussi faire une toilette de l’esprit.
Une fois qu’on s’est lavé physiquement et psychologiquement, un clitoris et une oreille, c’est pareil … enfin presque.
C’est un de mes grands secrets pour une sexualité heureuse.